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Littérature

Essai: Du Père-Dieu à Dieu le Père

Je vais déroger quelque peu à mes analyses habituelles sur les œuvres ou leurs auteurs, car j’aimerais communiquer quelques réflexions au sujet de deux personnes qui ont choisi une vocation religieuse dans des conditions similaires, qui m’ont menée à des conclusions identiques quant à leurs motivations, notamment psychologiques.

La première, je l’ai bien connue ; je l’appellerai Marie afin de préserver son anonymat.

Famille aisée, belle demeure, le père exerce un bon métier.

Ce père était le roi de la maisonnée. Sa mère, une très gentille femme, soumise au tyran domestique. Seule fille entre deux garçons, Marie était au service des mâles, petits et grand.

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Jean d’Ormesson : « Presque rien sur presque tout »

J’aimerais communiquer mes impressions sur ce roman (mais est-ce un roman ?) publié en 1996.
Jean d’Ormesson y rend accessible au grand public la signification de la science actuelle de l’univers et tire les conséquences des dernières théories. D’entrée de jeu, l’auteur annonce la couleur : sans l’homme, rien n’existerait. Page 9, il dit : « L’homme est la mesure de tout parce qu’il n’y a rien que par lui, à travers lui et pour lui. »
Nous connaissons déjà la conclusion : n’est-ce pas trop tôt ? Non, car elle est si étonnante que le lecteur a envie de lire la suite !
On pourrait appeler cette œuvre « roman scientifico-philosophico-poétique de l’Univers »…

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Magda Szabó : La Porte

L’auteure décrit une expérience étonnante, détonante même, qu’elle ne comprend pas ! Garantie d’authenticité !

L’introduction du roman est un rêve butoir, rêve d’échec de l’auteure, sans rapport apparent avec le récit : elle est en danger devant une porte qu’elle ne parvient pas à ouvrir. Reprise du même rêve en conclusion. A ce stade, le sens est un mystère pour nous. On verra sa raison d’être à la fin.

Ensuite, tout le roman sera l’histoire d’une femme de ménage : EMERENCE.

Celle-ci a des comportements surprenants, opposés à ceux que l’on considère comme normaux chez une employée de maison et même chez chacun d’entre nous.

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Stefan Zweig – Le plus public des écrivains, le plus secret des hommes publics

STEFAN ZWEIG, pour la complexité de son caractère et ses dispositions extrêmes et parfois contradictoires, me semble damer le pion à tous les créateurs que j’ai présentés jusqu’ici.

Je ne résiste pas, malgré les difficultés, à la tentation de l’analyser. D’ailleurs, curieusement, malgré l’intérêt du personnage, je ne vois pas qu’on ait tenté de le faire. Sans doute parce que, si l’avenir psychologique d’un être humain se décide durant les toutes premières années de sa vie, nous ne savons rien ou presque de sa petite enfance. Elevé dans la nursery, à l’écart des activités de ses parents, il est fait par ses rapports avec des employées : nourrice et gouvernantes. Or de cela, on n’écrit rien.

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Gustave Flaubert, enfant de remplacement

Gustave Flaubert, une mine d’or pour la psychologie !

Je m’étonne qu’aucun psychanalyste n’ait étudié systématiquement un si beau cas.
On a déjà analysé, de différents points de vue et pas seulement littéraires, certaines œuvres comme « Saint Julien l’hospitalier », tellement ce récit quasi onirique révèle son auteur. Mais à ma connaissance, on ne l’a pas étudié lui-même, d’un point de vue psychanalytique, au travers de toutes ses œuvres et de sa vie.

Je prendrai la liberté, bien que non spécialiste, d’utiliser ici les concepts de la psychanalyse. Il me semble pouvoir ainsi jeter une lumière sur le caractère de Flaubert, sur des faits importants de sa vie ainsi que sur ses choix artistiques : la cohérence de l’explication est son seul mérite.

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Françoise Sagan

LE MYSTÈRE SAGAN
Un grand succès inattendu accueille son premier livre, à 18 ans. Notoriété qui éclipse celle de grands auteurs de l’époque. Mais plus grande notoriété encore de sa personne : vrai phénomène médiatique avant l’heure !
On peut le comprendre en partie puisqu’elle n’a que 18 ans : son œuvre suscite des critiques très élogieuses et quelques-unes, acerbes. Mais en tout cas, grand bruit
Dans la suite des ses publications, des hauts et des bas, mais toujours le même intérêt, national et international, pour sa personne. Intérêt même parfois de gens qui n’ont pas lu ses livres.
Curieux engouement pour une personne qui ne vit pas sa vie, qui la passe à «se divertir» au sens pascalien du terme : une vie donc, en un sens, sans intérêt, une vie ratée même qui cependant intéresse plus que l’œuvre. POURQUOI ?

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Romain Gary

Depuis que j’ai commencé cette série d’articles j’ai abordé plusieurs écrivains que je n’avais pas spécialement choisis (le choix du sujet se faisant à tour de rôle dans mon groupe de lecture), et cependant ils ont tous un point commun : un traumatisme dans la petite enfance.

Pour mieux comprendre Romain Gary et son œuvre, j’ai tiré les conséquences d’un fait peu connu et non exploité, à ma connaissance, par les analystes. Comme Françoise SAGAN, comme Vincent Van GOGH, il était un « enfant de remplacement ». Le fait est signalé en passant par Myriam ANISSIMOV dans sa biographie de Van Gogh.

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A propos du livre de Bernard Lahire « Franz Kafka. Éléments pour une théorie de la création littéraire »

En 1980, j’avais écrit, après une étude exhaustive des œuvres de KAFKA et de ce qui avait été dit sur lui, un essai où je proposais une autre explication du « désastre » de sa vie privée : ni le fait d’être juif, ni la présence d’un père autoritaire ne me semblaient l’éclairer suffisamment.

Lorsque Bernard LAHIRE publie en 2010 « Kafka. Eléments pour une théorie de la création littéraire », (Paris, La Découverte), il reprend essentiellement la thèse du père terrible. C’est alors que j’ai écrit cet essai, qui je l’espère éclairera d’un jour nouveau ce qui a contribué à l’oeuvre atypique de cet esprit hors du commun.

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