Artiste-peintre
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Victor Hugo – « Les Malheureux » (fin)

Aux premiers jours du monde, alors que la nuée,
Surprise, contemplait chaque chose créée,
Alors que sur le globe où le mal avait crû,
Flottait une lueur de l’éden disparu,
Quand tout encor semblait être rempli d’aurore,
Quand sur l’arbre du temps les ans venaient d’éclore,
Sur la terre, où la chair avec l’esprit se fond,

Il se faisait le soir un silence profond,
Et le désert, les bois, l’onde aux vastes rivages,
Et les herbes des champs, et les bêtes sauvages,
Émus, et les rochers, ces ténébreux cachots,
Voyaient, d’un antre obscur couvert d’arbres si hauts
Que nos chênes auprès sembleraient des arbustes,
Sortir deux grands vieillards, nus, sinistres, augustes.
C’étaient Ève aux cheveux blanchis, et son mari,
Le pâle Adam, pensif, par le travail meurtri,
Ayant la vision de Dieu sous sa paupière.
Ils venaient tous les deux s’asseoir sur une pierre,
En présence des monts fauves et soucieux,
Et de l’éternité formidable des cieux.
Leur œil triste rendait la nature farouche ;
Et là, sans qu’il sortît un souffle de leur bouche,
Les mains sur leurs genoux et se tournant le dos,
Accablés comme ceux qui portent des fardeaux,
Sans autre mouvement de vie extérieure
Que de baisser plus bas la tête d’heure en heure,
Dans une stupeur morne et fatale absorbés,
Froids, livides, hagards, ils regardaient, courbés,
Sous l’être illimité sans figure et sans nombre,

L’un, décroître le jour, et l’autre, grandir l’ombre.
Et, tandis que montaient les constellations,
Et que la première onde aux premiers alcyons
Donnait sous l’infini le long baiser nocturne,
Et qu’ainsi que des fleurs tombant à flots d’une urne,
Les astres fourmillants emplissaient le ciel noir,
Ils songeaient, et, rêveurs, sans entendre, sans voir,
Sourds aux rumeurs des mers d’où l’ouragan s’élance,
Toute la nuit, dans l’ombre, ils pleuraient en silence ;
Ils pleuraient tous les deux, aïeux du genre humain,
Le père sur Abel, la mère sur Caïn.

Triptyque ancien Grec

Triptyque Grec », h. sur t. 3 x 60 x 73 cm
Un divertissement !

Lorsque je vivais à Athènes, conquise par l’art grec antique, je voulais jouir de la présence de ces magnifiques poteries que je voyais dans les musées.

Profitant de ma facilité à dessiner, j’ai reproduit nombre de vases, coupes, lécythes, en y recréant même le vieillissement de l’antique.

Ensuite j’ai complètement abandonné la reproduction.

Longtemps après avoir quitté la reproduction de scènes antiques, c’est avec un plaisir renouvelé que j’ai peint ce triptyque, dans un but particulier qui s’est offert à moi. Cette fois, il s’agit de compositions originales à partir d’éléments empruntés aux œuvres antiques de l’époque hellénistique “classique”.

Qu’Homère me pardonne, il n’y a pas de scène de guerre !

 

« Triptyque Grec », h. sur t. 3 x 60 x 73 cm

 

La faillite d’homo-sapiens – accueil

A lire aussi: mes articles sur les artistes et écrivains

J’ai regroupé dans cette nouvelle rubrique les articles que j’ai écrits ces dernières années, pour mes  interventions dans diverses associations culturelles.

Dernière oeuvre

Il y a des années que cette citation me hante et le tableau est dans ma tête depuis lors, de sorte qu’il a été fait en quelques heures.

Leroi-Gourhan évoquait la fin de l’homme. Je n’ai pas la citation exacte, voici ce que j’en ai retrouvé : «…la dernière poche de pétrole vidée pour cuire la dernière poignée d’herbe mangée avec le dernier rat »

Et voici ce que j’avais retenu : le dernier homme, la dernière poche de pétrole, le dernier rat. J’avais oublié l’herbe et le rôle du pétrole.

Je fixe le destin d’homo sapiens cinq minutes avant la fin pour que les derniers acteurs soient encore là. Sinon, après, plus d’herbe et plus de pétrole…et plus de rat sans doute : « avec le dernier rat » ? Est-ce en compagnie du dernier rat ou comme complément alimentaire ? La grammaire ici est équivoque…

Mais je parierais contre le rat : n’est-il pas « à croquer » ?

Pour l’homme, j’ai choisi, « Le penseur » de RODIN : « l’homo sapiens » par excellence, mais pas seulement. Ce rustre lourdement assis qui a l’air de se creuser les méninges a plutôt mal pensé, comme l’issue l’indique…

 

 

“La faillite d’homo-sapiens” – huile sur toile 81 x 100 cm, Prix 1800€